De quoi ai-je réellement besoin?

Suite à mon baccalauréat en kinésiologie, parcourir le GR20 en Corse en une vingtaine de jours était un projet qui me trottait en tête depuis un moment. L’objectif n’était pas le défi physique de faire un tel parcours, ni d’en faire une expérience ponctuelle sans impact à long terme. Il s’agissait plutôt de faire l’expérience d’un style de vie, passant de l’extraordinaire à l’ordinaire. Autrement dit, je voulais transposer certains acquis et prises de conscience en fin de parcours à ma vie de tous les jours.

Quelles sont les choses dont j’ai réellement besoin?

C’est autour de cette ligne directrice que s’est déroulé ce périple. En effet, nous avons à supporter sur notre dos le poids des choses que nous considérons essentielles pour vivre, et idéalement pour bien vivre. On réalise vite que le luxe de certains kilos, voir même de certain grammes ne valent pas l’effort déployé pour les transporter.. On réalise alors la valeur des choses simples et croyez moi que l’on est prêt à payer cher pour une douche chaude après une journée de pluie froide!

J’ai besoin d’être actif

Lors de longues randonnées, étant plus actif qu’à la normale, des résultats purement physiologiques sont observables. Évidemment, notre capacité cardiovasculaire augmente, car cet effort demande à nos tissus de leur apporter et de consommer plus d’énergie qu’habituellement. Ceci laisse une impression de fatigue au début, mais le corps devient par la suite plus efficace à faire circuler et à utiliser cette énergie. De plus, au niveau cérébral, une augmentation de la vascularisation amène une meilleure oxygénation du cerveau. Alors, nous devenons moins fatigables, récupérons plus vite et devenons plus efficaces intellectuellement. La vie devient alors beaucoup plus profitable!

J’ai besoin de bien m’alimenter

Dans ce contexte où nos capacités sont mises à l’épreuve, l’importance d’un apport alimentaire équilibré, bien repartit au long de la journée et en quantité suffisante se fait fortement ressentir.

J’ai besoin de me respecter

En randonnée, il est surtout question de rythme de marche, soit de vitesse et d’alternance entre efforts et repos. Avec ce principe, il est possible d’accomplir des choses que l’on n’aurait pas crues possibles!

J’ai besoin d’expériences sociales positives

Dans un premier temps, lorsque l’on se retrouve seul avec soi-même en pleine nature, certaines barrières sociales tombent et nous permettent de mieux nous exprimer. De plus, les rapports sociaux sont plus faciles entre randonneurs, car il y a au moins une chose que tout le monde partage et la majorité d’entre eux vivent cette expérience positivement. Il n’est pas rare de voir des amitiés solides se créer dans ce contexte. D’autre part, lorsqu’une telle aventure est vécue avec un ou plusieurs partenaires, cela solidifie la dynamique complexe de ces liens et développe un équilibre des forces et faiblesses de chacun.

J’ai besoin d’explorer

N’ayant que mes besoins de base à me soucier ainsi que de me rendre à destination, une bonne place est laissée à la réflexion et à la contemplation. Alors, naturellement, le désir d’explorer l’environnement stimule grandement l’esprit, nous sort des sentiers battus et nous ouvre à des expériences singulières qui méritent souvent des anecdotes riches en contenu.

J’ai besoin d’être stimulé

Le stress est une grande préoccupation à notre époque alors qu’il n’est à la base qu’un stimulus essentiel à la vie. En réalité, la gestion du stress est la réelle problématique. Ce que l’environnement naturel permet de relativiser est cette réponse au stress. En effet, étant confrontés à des stress beaucoup plus concrets comme le froid, le manque d’eau ou encore la fatigue, on réalise à quel point l’on peut se faire du tord en se créant des stress de toutes pièces, souvent en lien avec des besoins que l’on se crée et sur lesquels on base notre bonheur.


Pour terminer, chaque expérience est vécue différemment et plusieurs points sont à considérer pour optimiser les acquis d’une longue randonnée, autant que d’autres projets d’ailleurs. Dans un premier temps, sortir de sa zone de confort sans être dans un inconfort insupportable permet un développement optimal chez un individu. C’est ce que l’on appelle la zone de délicieuse incertitude. Deuxièmement, le plaisir est un élément important qui va influencer grandement notre engagement dans la tâche malgré les difficultés. Troisièmement, le partage est élément que l’on oublie dans certains contextes, mais c’est cet élément qui tisse les liens sociaux et augmente la richesse d’un vécu. Bref, les longues randonnées amènent un certain état de sérénité, nous permettent de nous concentrer sur l’essentiel et de bâtir notre confiance en soi. Je vous laisse donc avec cette phrase de Karlfried Graf Dürckheim :

L’extraordinaire se cache dans la profondeur de l’ordinaire.

Et vous? que considérez-vous avoir réellement besoin pour bien vivre…?

Vianney Gall
Kinésiologue B. Sc. – Kinadapt
www.kinadapt.com

Vianney Gall

Kinésiologue diplômé de l'Université de Sherbrooke depuis 2013, Vianney est passionné de plein air, de vélo et de parcours sportif naturel.

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Kinadapt

Kinadapt est un centre de formation et d’entraînement spécialisé en kinésiologie adaptée qui utilise le plein air pour améliorer l’esprit d'équipe en entreprise.


1 Comment

  • Rafaelle
    Nov 23, 2014 at 20 h 49 min

    Tres beau texte vianney! J’adore ta structure finale 😉

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