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Ma paye!

Que c’est agréable d’être à son compte, d’être son propre boss, de gérer son horaire, ses contrats ! Je ne changerais pas de job pour tout l’or du monde. Être à son compte comporte toutes sortes d’avantages (comme énumérés plus haut), mais il y a aussi des inconvénients. Dans ce département, il y a sans contredit la paye, qui est l’un de mes plus grands irritants.

 

Oui, ma paye, c’est mon chèque, mon virement, mes sous, mes bidous que mes clients me remettent après un travail rendu. Ce sont les sous que j’ai gagnés à la sueur de mon front, à faire le travail que j’ai choisi de faire et que j’adore. Mais comme tout le monde, j’ai des bills à payer, des épiceries à faire, un enfant à habiller, une auto à payer, sans compter toutes sortes d’imprévus qui se rajoutent à cela. Le hic, c’est que nous, les travailleurs autonomes, n’avons pas de paye aux deux semaines déposées dans notre compte comme par magie. Il faut donc qu’on trouve le moyen de gérer les entrées et sorties d’argent pour balancer le tout chaque mois. Beau casse-tête, je vous le dis.

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Déjà qu’il me faut parfois justifier le prix de mon travail, je dois aussi, à l’occasion, courir après ma paye. Ça, je ne suis plus capable… Pu capable! Quand vous allez vous acheter une pinte de lait au dépanneur, est-ce que vous essayez de négocier le prix parce que c’est moins cher à l’épicerie? Est-ce que vous leur dites que vous allez leur envoyer un chèque à un moment donné? Est-ce que le dépanneur doit vous envoyer quatre courriels de suivis pour avoir son paiement ? Non, pour obtenir votre pinte de lait, vous devez la payer avant de partir avec. — Fin de ma montée de lait! Ha, ha, ha! Mais pourquoi est-ce si compliqué de se faire payer quand on est une entreprise de services?

Après 11 ans en affaires, j’en ai vu de toutes les couleurs et j’ai appris beaucoup sur le sujet de la paye. Je partage avec vous quelques astuces pour obtenir sa paye… plus facilement.

  • Toujours avoir le montant final de la facture approuvé par le client, et ce, de façon écrite et détaillée ! Ainsi, le client sait ce qui est inclus dans le mandat et en connaît la valeur. Vous ajoutez un élément « x » au mandat? Avisez le client et faites-lui approuver le changement avant de continuer. Difficile de demander à un client de payer un montant qu’il n’a pas approuvé. Il est important de faire ce genre de suivi au fur et à mesure. Pas de mauvaises surprises pour personne.

 

  • Avant de commencer le travail, déterminez avec le client la procédure de paiement. Selon le type de mandat, son volume, sa durée, son coût et autre variante, la façon de faire peut varier. Dans mon cas, je préfère toujours demander un premier paiement pour débuter. Certains fonctionnent avec deux ou trois paiements durant le mandat, d’autres demandent un paiement complet avant ou après le travail, d’autres encore, à la réception. À vous de voir avec votre type d’entreprise et vos clients la meilleure façon de vous faire payer.

 

  • Le mandat est terminé et le client étire la sauce… ouf, c’est le début du calvaire et de la justification. Bon, restons calmes. Dans ce genre de situation, il est important d’être professionnel, poli et transparent. Vous devez expliquer ce que vous avez réalisé comme travail, le temps que vous y avez mis, les échanges que vous avez faits avec lui pour valider le tout, et ce, en vous référant au contenu de la facture/du mandat approuvé par le client. Si vous devez faire des corrections ou changements par la suite, expliquez au client qu’il y aura des frais supplémentaires ou autres arrangements avec celui-ci. Dans ce genre de cas, on est content d’avoir déjà eu un ou des paiements. Si ce n’est pas le cas, c’est encore plus fâchant de se battre pour sa paye.

 

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Pst… Le sujet de mon billet m’est justement venu suite à une rencontre avec un client qui étire la sauce. D’ailleurs, j’attends toujours mon chèque… Soupire.

  • Le contrat/mandat est terminé, vous avez remis votre travail, mais le client ne finalise pas le paiement. Pour garder le contrôle sur sa paye, il est important d’être à son affaire. Y a rien de plus contrariant que de courir après sa paye (je vous l’ai déjà dit, n’est-ce pas?). Paroles déjà entendues de la part de clients :

– Oups, je t’ai complètement oubliée!

– Je t’envoie un chèque par la poste aujourd’hui… sans faute!

– Je te fais un virement en arrivant au bureau.

– Peux-tu déposer mon chèque à telle date, svp?

Peu importe la situation, assurez-vous de garder le contact avec le client. Faites des suivis réguliers, des rappels fréquents par courriels, et n’oubliez pas les intérêts. On en parle souvent, mais on ne les ajoute pas tout le temps. Selon la situation, vous pouvez proposer au client de payer en plus d’un versement. Toujours avoir des traces de vos suivis… au cas où vous vous rendriez à l’étape 5.

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  • Rien ne va plus ! Pas de nouvelles de votre client, il ne retourne pas vos courriels, plusieurs mois se sont écoulés depuis la fin du mandat. C’est malheureusement le temps de sortir la mise en demeure. Cette mesure réveille parfois les esprits du client qui vous prendra enfin au sérieux. On ne veut pas se rendre à cette étape souvent, mais quand on veut sa paye, il faut ce qu’il faut.

N’oubliez pas qu’en affaires, les bons comptes font les bons amis!

Ceci met fin à mon premier volet de « Ma paye ». Mais vous savez, quand on est à son compte, on a une autre forme de rémunération. Celle-ci vaut souvent beaucoup plus à nos yeux que l’argent. Elle ne se dépose pas dans un compte, elle ne se compte pas, elle n’est pas tangible, elle ne se voit pas, mais combien elle est agréable ! Je parle ici de la reconnaissance. Oui, quand on est à son compte, l’appréciation qu’un client a pour notre travail vaut trois fois plus que la paye en argent que l’on reçoit. Qu’il est bon de savoir que ce que l’on fait est aimé, reconnu, apprécié! Quoi de plus agréable que de recevoir le message d’un client qui souligne notre bon travail, notre belle relation d’affaires, l’aide que nous lui avons apportée! Merci à ces gens qui prennent le temps de souligner la reconnaissance, ça fait du bien. On parle souvent plus de ce qui ne va pas, de ce qu’on n’a pas aimé, mais si on faisait l’inverse, une fois de temps en temps!

Bon, c’est clair que je ne peux pas vivre qu’avec la gratitude de mes clients (elle ne paye pas mes bills), mais, sans elle, je trouverais mes relations d’affaires bien plates, et ma motivation au travail, je ne vous en parle pas…

Bon, je retourne travailler si je veux être payée!


Crédit photo à la une : Mirza Babic
Crédit 2e photo : Wilmer Martinez
Crédit 3e photo : Aneta Pawlik
Crédit 4e photo : Milada Vigerova