Accueil Affaires Enfin, un portrait positif de l’entrepreneuriat au Québec!

Enfin, un portrait positif de l’entrepreneuriat au Québec!

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Depuis quelques années dans les médias, on nous martèle à grand coup de titres accrocheurs que le Québec accuse un retard par rapport au reste du Canada, si on le compare à son nombre d’entrepreneurs. Eh bien, nous sommes désolés pour les pessimistes, mais cette époque est sur le point d’être révolue! C’est vrai, on n’a jamais autant parlé d’entrepreneuriat au Québec. Que ce soit dans les journaux, dans nos téléviseurs, dans nos écoles… Être entrepreneur en 2014, c’est bien vu et c’est tant mieux!

Cependant, il n’en a pas toujours été ainsi… Le peuple québécois aura mis plus d’un demi-siècle à rattraper son pendant anglophone. Plusieurs raisons expliquent cet écart; entre autres, la présence marquée de l’Église catholique, la colonisation anglophone, mais surtout la peur! La peur de quoi? La peur de réussir en affaires, la peur d’être jugé par les autres, la peur d’être pointé du doigt parce que lorsqu’on fait de l’argent, on devient automatiquement un bandit qui s’enrichit sur le dos des plus pauvres… Le syndrome de l’imposteur que vivaient et vivent encore certains Québécois à l’esprit entrepreneur, est sur le point de s’amoindrir; avec une toute nouvelle génération d’entrepreneurs : Les « Y ».

Un souffle de nouveauté dans le paysage entrepreneurial québécois

Les enfants des baby-boomers, les fameux « Y » qui selon certains, ont été trop chouchoutés, sont nés entre 1980 et 1990. Si l’on se fie aux différents articles rédigés par d’éminents sociologues, ceux-ci n’ont pas que des éloges à faire sur cette génération. Néanmoins, les jeunes situés aujourd’hui dans la vingtaine et la jeune trentaine sont des passionnés et des fonceurs qui ont plus que jamais le goût d’entreprendre. Selon un récent article tiré du journal Les Affaires (Jolicoeur, 2014) [1], près de 40 % des jeunes entre 18 et 34 ans considèrent la profession d’entrepreneur comme souhaitable, selon l’indice 2014. Si on les compare à la génération précédente, les « X », soit les 35 ans et plus, ceux-ci valorisent davantage à 31.5 %, un travail salarié et des avantages sociaux que l’avenue entrepreneuriale à 28.8 %. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. En fait, on remarque que l’intention d’entreprendre chez les jeunes est très marquée par la volonté de faire les choses autrement et de créer un Québec qui leur ressemble. Les qualificatifs de fonceurs et passionnés sont souvent employés pour décrire cette nouvelle génération d’entrepreneurs ambitieux qui souhaitent relever de nouveaux défis dans les prochaines années et concilier les valeurs familiales à leur emploi du temps chargé.

Et sur le terrain, les chiffres se confirment

Comme agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse, je remarque depuis les trois dernières années, une hausse de jeunes se présentant au Carrefour jeunesse-emploi pour nos services entrepreneuriaux. Des idées géniales, j’en entends tous les jours! De la créativité et de la détermination, les jeunes, en ont à revendre. De plus, j’ai l’occasion d’aller sur le terrain pour promouvoir différents projets et je remarque (seulement pour l’arrondissement du Vieux-Longueuil) qu’une dizaine d’entreprises ont ouvert leurs portes en 2013-2014. Et qui est à la tête de ces nouvelles entreprises? Vous l’aurez deviné… Bien sûr les « Y ». Non seulement le désir d’entreprendre pour ces jeunes est bien réel, mais ils savent saisir une opportunité et la transformer en un projet d’affaires.

Du financement, ça en prend!

Évidemment, nous souhaitons que cet engouement pour la profession d’entrepreneur puisse se propager et grandir à travers les générations futures. Pour s’assurer que les entrepreneurs de la relève puissent concrétiser leur projet d’affaires, c’est du soutien dans le processus d’élaboration de l’idée, mais surtout un soutien financier dont ils ont besoin! En moyenne[2], un entrepreneur sur trois qui démarre une entreprise doit prévoir un investissement de 20 000 $ en plus de l’argent qu’il devra emprunter à une source de financement externe. Certes, il existe plusieurs possibilités de financement lorsque l’entreprise est déjà en opération. C’est dans la phase de prédémarrage et au démarrage que l’on retrouve le moins de financement actuellement. Et c’est pourtant à ce moment-là que les jeunes entrepreneurs en auraient le plus besoin.

Bien sûr, les plus déterminés trouveront toujours des solutions pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés, mais en combien de temps? Ce n’est pas la majorité des jeunes qui ont accès aux anges financiers ou encore au « love monnaient ». Si nous voulons que les jeunes entrepreneurs puissent mettre sur pied leur entreprise à court terme, nous devons leur donner les moyens de leurs ambitions.

Sans pour autant attendre la venue de nouveaux programmes gouvernementaux, des solutions alternatives aux financements traditionnels sont disponibles depuis quelques années sur le Web. Le phénomène du « crowdraising » offre l’opportunité de se financer à même son réseau de contacts en offrant une partie du produit ou du service proposé, en échange d’une somme d’argent octroyée par les donneurs. Pour en connaître davantage sur le « crowdraising » ou financement participatif, comme baptisé dans la langue de Molière; je vous invite à consulter le répertoire des sources alternatives de financement disponible pour le Canada. N’oublions pas que c’est en restant innovant que nous trouverons des solutions aux différents problèmes de financement reliés au démarrage. Continuons de faire rayonner le Québec, par notre créativité et notre « leadership ». Nous sommes en voie d’offrir un paysage entrepreneurial québécois majoritaire!

Bon succès dans tous vos projets!

[1] Jolicoeur Martin. « Les jeunes tirent l’entrepreneuriat vers le haut. » Les affaires 03. 05 (2014) – n17 — p.12

[2] Jolicoeur Martin. « Les jeunes tirent l’entrepreneuriat vers le haut. » Les affaires 03. 05 (2014) – n17 — p.13

Sophie Bienvenue
Agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse – Place Rive-Sud

Passionnée de voyages, de culture et de yoga, un brin bio, mais aussi agente multiplicatrice du développement de la culture entrepreneuriale au Québec.
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