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Comment financer votre projet d’affaires ?

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S’il y a bien un sujet qui préoccupe les apprentis entrepreneurs, c’est le financement de leur projet d’affaires ! Or, la plupart d’entre eux ont une vision simpliste de la démarche de financement. Alors qu’ils apprennent en quoi consiste réellement la démarche de financement d’un démarrage, ils vont d’étonnement en étonnement, et parfois se découragent.

Le financement est crucial dans la réalisation d’un démarrage. C’est l’élément qui départage les projets-idées des projets terrain. Pour cette raison, j’ai choisi de partager avec vous l’équivalent entrepreneurial du secret de la Caramilk, c’est-à-dire comment financer son projet d’affaires. Au fait, il y a cinq secrets. Ne le dites à personne !

Secret #1 : Soyez patient, ça demande du temps!

Si l’on souhaite obtenir une carte de crédit Aeroplan ou un prêt automobile, c’est chose facile ! Ça se fait rapidement et il suffit d’en faire la demande. Si on souhaite financer un projet d’affaires d’un quart de million de dollars, c’est une tout autre histoire ! Croyez-moi !

Lorsqu’on met sur pied un projet d’affaires, les risques sont très élevés. Tout peut arriver ! Le marché peut réagir bien différemment de ce qui avait été anticipé ou encore, le déploiement opérationnel du projet peut bloquer à certains endroits.

Les bailleurs de fonds d’un projet d’affaires demanderont à l’entrepreneur d’expliquer son projet en détail, mais aussi d’en revoir certains aspects. C’est une démarche itérative. Il y a plusieurs allers-retours entre le plan d’affaires et la demande de financement, et c’est tout à fait normal. Certains bailleurs de fonds soumettront même le projet à un comité d’investissement. Ce comité est interdisciplinaire et regroupe des experts de différents milieux du monde des affaires. Le projet sera alors évalué sous différents angles et une décision sur le financement octroyé sera ensuite rendue. Ces comités se rencontrent périodiquement et il peut s’écouler jusqu’à huit semaines entre deux comités d’investissements. On est donc à des années-lumière d’un prêt bancaire personnel, préapprouvé en 24 heures ! C’est bien plus complexe que cela et ça demande du temps. Il faut comprendre cette réalité d’entrée de jeu et l’accepter, c’est nécessaire.

Secret #2 : Bâtissez un montage financier

Lorsqu’on souhaite financer son projet d’affaires, il faut bâtir un montage financier. Plusieurs entrepreneurs comprennent mal cette notion, ce qui vient jouer à la fois sur la qualité et la rapidité du financement de leur projet d’affaires.

D’abord, qu’est-ce qu’un montage financier ? Il s’agit simplement de l’ensemble des sources de financement qui répondront aux besoins de l’entreprise pour réaliser son démarrage. Le fait de bâtir son montage financier implique de bien comprendre la nature des besoins financiers de son entreprise et aussi, d’explorer toutes les options de financement qui s’offrent à elle. Vous l’aurez compris, un montage financier c’est une analyse ! Une analyse du type de ressources dont l’entreprise a besoin et des différentes manières dont elle peut financer ces ressources. L’éventail des sources de financement est large : subventions, prêts, mise de fonds, crédit-bail, émission d’actions, location, marge de crédit, débentures, garanties de prêts, et la liste se poursuit. Il est donc important de bien connaitre les besoins de l’entreprise et de faire les bons choix en matière de financement.

Il n’est pas rare qu’il y ait quatre, cinq ou même six différentes sources de financement pour un seul projet d’affaires. Plusieurs entrepreneurs sont surpris d’apprendre cela. Pourtant, c’est très commun dans le milieu. Très peu de projets sont financés entièrement par un seul bailleur de fonds.

Il faut aussi comprendre que les bailleurs de fonds cherchent à diversifier leurs risques. Cela aussi vient jouer sur le nombre de bailleurs de fonds impliqués dans le montage financier d’un projet.

Au final, comprenez bien que le financement d’un projet d’affaires requiert plusieurs sources de financement. La plupart de ces sources de financement vous sont fort probablement inconnues à ce jour. Il faut donc les dénicher, les comprendre et évaluer si elles s’appliquent ou non à votre projet. À chaque besoin spécifique de votre entreprise doit venir s’attacher la source de financement adéquate.

Secret #3 : Devenez un expert de vos coûts

Lorsque je demande à un entrepreneur le montant dont il a besoin pour assurer son démarrage, j’entends souvent la réponse suivante : « Le plus possible! » Lorsqu’on me donne cette réponse, je sais que l’entrepreneur a mal compris son rôle de promoteur.

À vrai dire, tout entrepreneur qui fournit cette réponse à un bailleur de fonds vient de se discréditer d’entrée de jeu. Il vient de prouver qu’il n’a pas évalué ses coûts de démarrage et qu’il ne sait absolument pas de quelles ressources il a besoin pour réaliser son projet d’affaires. Encore pire, il sous-entend qu’il décidera en cours de route, soit une fois qu’il aura en main les fonds. Il s’agit de la gaffe classique des entrepreneurs ! On n’approche jamais un bailleur de fonds sans avoir préalablement évalué les coûts de son projet d’affaires.

Un entrepreneur doit être en mesure de démontrer qu’il est l’expert de son projet d’affaires, ce qui implique qu’il ait une connaissance fine de ses coûts de démarrage. Afin de s’aligner avec la logique des bailleurs de fonds, l’entrepreneur doit démontrer que les fonds qui lui seront octroyés seront utilisés de façon efficace et efficiente, et que les ressources qui seront acquises sont absolument nécessaires au déploiement du projet.

En résumé, il est important que l’entrepreneur devienne l’expert des coûts de son projet et surtout, qu’il démontre une assurance par rapport au déploiement. Le but de l’exercice est de gagner la confiance des bailleurs de fonds. Petit conseil, humilité et authenticité ont toujours bien meilleur goût !

Secret #4 : Évaluez les coûts/bénéfices de chaque option de financement

Avant de sauter à pieds joints dans les demandes de subventions, prenez le temps de bien évaluer vos chances de succès. C’est le conseil que je donne à tous les entrepreneurs que j’accompagne au moment de commencer leur montage financier. Je donne ici l’exemple des subventions, mais la même logique s’applique pour tous les types financements. L’entrepreneur doit investir ses efforts là où ça rapporte vraiment.

Il faut comprendre que chaque demande de financement comporte un risque de refus. Bien qu’on doive accepter ce risque d’entrée de jeu, certaines options sont moins intéressantes que d’autres. Il est important de ne pas gaspiller inutilement ce temps avec des demandes ayant un très haut risque de refus. À cet effet, il est important d’être bien conseillé afin d’investir ses énergies au bon endroit. L’entrepreneur bénéficiera grandement de l’aide d’un expert qui sera en mesure de lui donner un panorama des différentes options de financement et de la probabilité de succès de chacune d’elle.

Secret #5 : N’ayez pas peur de la dilution!

Certains entrepreneurs grincent des dents à l’idée de donner 10 ou 20 % des actions de leur entreprise à des investisseurs. Ils voient déjà leur entreprise comme étant le prochain Airbnb ou le prochain Facebook et ils estiment la valeur future de ces parts à plusieurs millions de dollars.

Or, la réalité est toute autre ! Un projet qui n’a pas suffisamment de financement d’amorce restera une bonne idée, morte dans l’œuf. C’est triste, mais c’est la réalité. N’oubliez pas que 10 % de zéro, ça donne toujours zéro ! Ne vous méprenez pas, je ne dis pas qu’il faille donner allègrement des parts de votre entreprise comme des boîtes de conserve dans le temps de Noël ! Vraiment pas ! Ceci dit, il y a un juste milieu.

Lorsque des investisseurs souhaitent injecter des fonds dans une entreprise, cela offre à la fois les ressources financières et une bonne dose de crédibilité au projet. Il peut aussi y avoir un effet d’entrainement sur les autres bailleurs de fonds qui souhaiteront financer le projet parce que les risques ont été gérés et partagés en amont.

La morale de l’histoire, il faut que le projet prenne vie par tous les moyens possibles. Cela demande des ressources financières. Il faut rester lucide et bien analyser toutes les options qui s’offrent à vous, mais il faut éviter d’avoir un préjugé par rapport à la dilution initiale. Ce qui est le plus important, c’est de rassembler les ressources et de se rendre le plus rapidement et le plus efficacement au marché.

Le secret de la Caramilk révélé?

Quand on y repense, c’est assez simple au final ! L’entrepreneur doit comprendre que le financement de son projet d’affaires est tout simplement la suite logique de sa stratégie de démarrage. Il doit y mettre l’énergie nécessaire pour décrocher les financements nécessaires.

L’étape du financement est souvent éprouvante. L’entrepreneur s’est préalablement livré à un exercice de planification et il sent que son projet est sur le point de prendre vie. Il attend impatiemment les approbations de ses financements, car il s’agit là de la dernière étape avant l’amorce du déploiement.

À titre d’accompagnateur, je m’assure de réaliser des montages financiers réalistes et confortables pour le démarrage, mais aussi de bien rassurer les entrepreneurs à ce stade critique. Le financement est souvent le signal de départ d’un long marathon. Une fois les financements octroyés, l’entrepreneur s’engagera sur le chemin entrepreneurial, et pour la plupart, ce sera une première. Il est important de profiter de cette accalmie pour s’imprégner des motivations profondes qui guident votre quête entrepreneuriale, parce qu’une fois le signal donné, ce sera parti ! Il n’y aura plus de retour en arrière possible. Vous serez officiellement un entrepreneur en démarrage.


Jean-Philippe L’Écuyer, M. Sc.
Entrepreneur en résidence – Futurpreneur

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Jean-Philippe L’Écuyer accompagne quotidiennement des entrepreneurs du Québec, des provinces de l’Atlantique et de la Francophonie Canadienne en phase de démarrage d’entreprise.
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