Accueil Entreprendre Bigarade : se construire une vie d’entrepreneure de fil en aiguille

Bigarade : se construire une vie d’entrepreneure de fil en aiguille

Même en plein cœur du déménagement de son entreprise, Geneviève Lorange a pris plaisir à me raconter l’histoire de Bigarade. Empreint d’une grande ouverture, de transparence et de convivialité, mon entretien téléphonique avec la femme d’affaires s’est déroulé trop rapidement! La passion de l’entrepreneuriat de Geneviève est contagieuse, et j’étais heureuse de partager, un moment, ce qui se cache dans la tête et dans le cœur de cette entreprise membre de Signé Local.

L’artisanat en héritage

En parcourant le site Internet de l’entreprise pour préparer l’entrevue, j’ai pu lire l’histoire touchante de la grand-maman maternelle de Geneviève. Celle-ci lui a appris la couture durant son enfance, comme ma grand-mère m’a transmis sa recette de soupe tomate et riz. Habituellement, toutes ces belles connaissances sont rangées dans un petit tiroir de notre cerveau. Geneviève, elle, a posé une action qui a dessiné la suite de l’histoire.

La couture était donc un passe-temps dans la vie de la jeune femme depuis un moment déjà, même si elle conservait ses créations un peu secrètement. Elle a peaufiné son art jusqu’à ce qu’elle décide de fabriquer un coussin décoratif pour l’anniversaire de sa grand-mère. « Elle avait cousu toute sa vie, souvent pour les autres, mais c’était la première fois que quelqu’un le faisait pour elle. Elle était si fière de montrer ma réalisation à tous les résidents », m’a raconté Geneviève.

Une autre histoire de famille, celle-là, je ne l’avais lue nulle part, s’inscrit aussi dans l’ADN de l’entrepreneure. Sans même le savoir, Geneviève a choisi de s’établir à Hochelaga, soit le même quartier que celui de son grand-père et d’un vieil oncle, tous deux artisans propriétaires d’un commerce.

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Les voyages comme source d’inspiration

Avec son diplôme en design industriel dans la poche, Geneviève a occupé un emploi de fonctionnaire à la Ville de Montréal durant quelques années. « C’est lors d’un voyage en Inde que j’ai pris pleinement conscience de mon besoin d’être maître de mon destin, et que ça, c’était plus important que ma sécurité financière et que ma stabilité professionnelle », a témoigné la propriétaire.

Vivant des moments plus difficiles au niveau professionnel avec sa première entreprise, une agence de design intérieur et graphique, son copain de l’époque lui a offert de partir pour l’Espagne afin de décrocher, de se ressourcer. « J’ai tellement aimé la vie là-bas, le slow living, la façon dont les contacts humains se font. J’aurais aimé y vivre et avoir ma propre boutique sur place », s’est remémoré Geneviève. Même le nom de l’entreprise trouve son origine dans ce voyage : « Bigarade, c’est une variété d’oranges cultivée en Espagne pour son parfum, notamment », m’a expliqué mon interlocutrice.

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Une entreprise en mouvance

Afin de répondre à la demande, Geneviève peut compter sur le support de couturières d’expérience. « Ma mère travaille avec moi, elle fait la coupe, et deux couturières font les assemblages. Lors des périodes plus achalandées, je fais appel à des couturières d’un peu partout au Québec. Ce sont toutes des travailleuses autonomes. La structure de l’entreprise est toujours en mouvement selon les personnes en place. »

L’entrepreneure m’avoue avoir de la difficulté à concilier sa vie sociale et ses loisirs avec le rythme de Bigarade. « Je ne suis pas une workaholic. Je ne pourrais pas vivre toujours à ce rythme effréné. Je performe bien avec les deadlines. Avoir une période de rush, ensuite revenir à des horaires normaux, un peu comme à l’université, avec les examens et les travaux de session. J’aime ce rythme! » a imagé Geneviève.

Avec l’ouverture prochaine de la nouvelle boutique Bigarade, toujours située sur la rue Sainte-Catherine Est, à Montréal, la femme d’affaires peut compter sur le support et la disponibilité de quelques alliés. Notamment, c’est à une de ses bonnes amies que Geneviève a confié la mission de sélectionner les quelques photos pour cet article et de me les faire parvenir.

« C’est ma mère qui m’a poussée à m’inscrire aux Dragons », m’a raconté Geneviève, qui considère qu’il s’agit de la meilleure campagne de visibilité au Québec pour tous les entrepreneurs. Elle sert tout de même une mise en garde aux futurs promoteurs qui choisiront de se présenter devant les investisseurs : « il faut être prêt! On se fait questionner de tous les côtés, on doit connaître tout de notre entreprise et savoir raconter notre histoire ».

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Fidèle à ses valeurs

La qualité des tissus sélectionnés pour les collections Bigarade, de leur provenance à leur fin de vie, est étudiée avec soin. « Pour moi, c’est une grande fierté de fabriquer autrement », m’a indiqué l’entrepreneure, à la fin de notre rencontre téléphonique. D’ailleurs, des capsules vidéo portent le nom de « Fabriquer autrement avec Bigarade », sur YouTube, afin de conscientiser les gens aux impacts environnementaux des produits textiles et de nos modes de consommation.

L’ancienne boutique deviendra très bientôt un studio de yoga grâce à l’association de Geneviève à Madeleine et Maxime, cofondatrices de Rose Buddha, les trois entrepreneures se rejoignant sur les valeurs de slow fashion, d’écoresponsabilité et d’achat local. L’association entre les deux entreprises montréalaises est logique, même si elle découle un peu du hasard. « Les filles de Rose Buddha faisaient, elles aussi, faire leur expédition par leur mère. Elles m’ont contactée afin qu’on s’unisse pour faire notre shipping. C’est comme ça qu’on a commencé à travailler ensemble. J’avais envie d’ouvrir un studio de yoga parce qu’il n’y en a pas dans Hochelaga. C’étaient les bonnes partenaires pour lancer le projet », m’a expliqué mon interlocutrice.

Un autre projet fait vibrer l’artisane. Elle souhaite créer un glamping, une sorte de prêt-à-camper signé Bigarade. Déjà, le concept est en branle puisque l’été dernier, avec l’aide de son amoureux, ils ont créé une cabane dans les arbres qui est disponible à la location. On peut ainsi dire que Bigarade fait partie du paysage québécois!


Crédits photos : Bigarade
À travers tous ses projets, Geneviève prend le temps de parcourir les routes du Québec pour dénicher les entreprises qui s’y cachent. Adepte d’agrotourisme et de découvertes culinaires, elle est une cliente assidue des différents marchés publics. L’achat local représente, pour Geneviève, une occasion de déployer l’entrepreneuriat québécois et de faire des découvertes passionnantes.
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Signé LocalLancée en décembre 2015, la plateforme SignéLocal.com est la vitrine du Fait au Québec. Le site Web, dont le but premier est de faire rayonner les entreprises ayant des produits de qualité et comme valeur la fabrication locale, regroupe déjà plus de 230 entreprises membres, partout en province.
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