C’est bientôt les vacances, déconnectez !

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L’été est à nos portes ; c’est bientôt les vacances ! Vous avez hâte, vous avez des plans de voyage, de chalet. Peu importe où vous serez, ne pas rentrer travailler quelques jours ou semaines vous donne déjà des ailes. C’est parfait !

Vous allez vous relaxer… et peut-être même vraiment déconnecter. Oui, peut-être. Peut-être parce que vous avez une de ces belles applications sur votre téléphone cellulaire qui vous permet, même à distance, même en vacances, de rester connecté avec ce qui se passe au bureau et donc, de regarder vos courriels tous les jours ou presque. Peut-être aussi que vous vous interrogez sur où vous souhaiteriez être à la rentrée, les « bonnes résolutions du mois de septembre ».

On parle de « droit à la déconnexion » de l’autre côté de l’Atlantique. Depuis le 1er juillet 2017, en France, les entreprises de plus de 50 salariés ne peuvent plus exiger qu’un employé réponde à ses courriels ou à des appels après ses heures normales de travail. L’idée derrière ce droit à la déconnexion, énoncé dans l’article 55 de la loi du travail, est de protéger l’équilibre travail/famille.

À moins de dérives et d’abus de certains employeurs, la majorité des salariés qui ne décrochent pas de leur cellulaire ne le font pas parce que leur employeur leur a demandé (pas vrai ?). Ils le font (vous le faites), car cela est devenu, pour ceux dont le cellulaire est fourni par l’entreprise, une norme, quelque chose de banal. Cela n’en fait pas pour autant quelque chose de normal. Comme recevoir des courriels d’un collègue ou d’un gestionnaire à des heures tardives ou à des heures dont même le soleil n’est pas jaloux. Ou encore, assurer une vigie et répondre à des courriels alors que vous êtes en « vacances ».

Avez-vous vraiment besoin d’une loi pour vous rappeler que vous n’avez pas seulement ce droit, mais ce devoir de déconnexion ? Vous n’avez rien à gagner à ne pas déconnecter complètement. Votre employeur non plus. Acceptez que la terre continue de tourner, que vous ne soyez pas indispensable. Acceptez que de ne pas décrocher complètement augmente vos risques d’« écœurantite » aiguë (ou d’un épuisement en bonne et due forme) !

Pensez-y. Un gestionnaire qui continue à répondre à des courriels pendant ses vacances ne lance pas de bons messages, ni à son supérieur ni à son équipe. Ne sait-il pas déléguer ? Ne forme-t-il pas sa relève ? N’a-t-il pas confiance en son équipe ? S’attend-il à la même chose de la part des membres de son équipe ?

Et puis, pour l’idée que vous vous faites, non pas de vous dans cinq ans, mais de vous dans trois mois, quand l’été sera fini (oui, déjà !), vous vous devez de prendre une vraie pause.

Les entreprises redoublent de rivalité, à qui seront les plus créatives pour vous offrir tout le bien-être de l’univers dans leurs murs. Mais dites-vous une chose, et méditez cela au bord de la piscine, de la plage, du lac ou de votre balcon pendant vos prochaines vacances : personne ne peut être responsable de votre bonheur à part vous.

Alors, plutôt que de lire les courriels du bureau, profitez des vacances pour vous demander comment vous pourriez être encore plus heureux à la rentrée si vous l’êtes déjà ou, si vous ne l’êtes pas, demandez-vous pourquoi et faites votre plan d’action.

Sur ce, bonnes vacances !

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Severine Paladini est consultante en ressources humaines et relations de travail et fondatrice de « Expertise H2H ». Elle est membre de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés et titulaire d’un baccalauréat en Relations industrielles de l’Université Laval, à Québec.
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