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Hugo Didier : le céramiste montréalais derrière la collection Not Made In China

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Des parents européens aventureux qui tombent sous le charme de la Beauce à bord de leur Westfalia ; une grand-mère maternelle et deux parents travailleurs autonomes qui exercent leur métier de la maison. C’est dans ce contexte qu’a évolué Hugo Didier, aujourd’hui céramiste engagé et moderne.

Bien qu’il ait suivi une formation de haut niveau en photographie, il avait peine à dégager un revenu suffisant pour en vivre. C’est à ce moment que la poterie lui est apparue comme un moyen de financement. « Mon plan, au départ, était de travailler dans ce milieu pendant cinq ans pour accumuler de l’argent, ce qui allait ensuite me permettre de me consacrer entièrement aux photographies documentaires. J’avais toujours vu mes parents vivre de la poterie et être heureux, ça m’apparaissait logique comme choix. »

Sous le principe du compagnonnage, « j’ai suivi une formation exigeante d’un an dans l’atelier de mon père. Quand j’entrais dans la pièce, je n’étais plus son fils, mais un apprenti ». Cette année lui a permis d’apprendre des techniques européennes traditionnelles qui font d’Hugo un potier aujourd’hui primé. Sa formation s’est ensuite poursuivie pendant une période de trois ans où il cumulait divers boulots auprès de cinq potiers dans autant d’ateliers en simultané. Finie la photo ! Hugo décide de lancer sa propre entreprise de poterie à Montréal.

Not Made In China: l’importance de l’achat local

Pour l’entrepreneur derrière la collection d’objets en porcelaine pour la cuisine, l’achat local est une priorité au quotidien. Se voulant au départ une démarche humoristique, les collections Not Made In China et Cé faitte icitte se présentent maintenant comme une critique de nos habitudes de consommation. En fait, l’artiste « propose au consommateur une réflexion sur les produits qui nous entourent. Je l’invite à considérer la ou les personnes qui les ont confectionnés et à penser à la provenance des objets. »

En accord avec ses valeurs du « Fait au Québec », l’entrepreneur a fait le choix de concentrer sa publicité et sa distribution dans des points de vente principalement au Québec ou dans les provinces voisines. Si certains produits se retrouvent en Europe, c’est que l’acheteur s’est lui-même déplacé pour se procurer les pièces directement à Montréal.

tasse not 2017

Crédit : Hugo Didier

Styromousse : l’absurdité du acheter/jeter

Préférant faire des économies en achetant des produits usagés, Hugo souhaitait transposer cette préoccupation dans son œuvre. C’est ainsi qu’il a créé une collection de poteries inspirées des contenants de styromousse que l’on reçoit dans les cantines : plats à poutine et verres à café en céramique se retrouvent donc dans sa boutique. Proposant ainsi un jugement sur le gaspillage entourant les produits jetables, le créateur souhaite encore une fois faire réfléchir le consommateur sur ses choix.

poutineCrédit : Hugo Didier

Ciel! : faire différent

« Au sein de la communauté, on voit de plus en plus de plagiat entre les artisans. Il y a la vraie copie, celle où une personne reproduit consciemment le même produit. Mais avec Pinterest notamment, il y a aussi la fausse copie. Quand on s’inspire fortement d’un style pour créer notre produit. On s’imagine que le concept n’appartient à personne et on reproduit sensiblement la même chose. » C’est donc l’environnement immédiat qui inspire l’artiste et non ce qu’il trouve dans les marchés d’artisans ou dans le milieu des céramistes.

Maître de son atelier, il doit composer avec des périodes de forte demande seul, ou presque. Celui qui se considère comme le pire patron a fait le choix de ne pas avoir d’employé. Hugo dirige parfois son père qui est aujourd’hui à la retraite et à qui il doit parfois expliquer sa méthode de travail qu’il a développée au fil des années. Comme quoi l’expression « l’élève dépasse le maître » est une fois de plus véridique.

tasse ciel le jour 2Crédit: Hugo Didier

Bien que la période des Fêtes soit angoissante pour l’entrepreneur qui entre en mode production dès le mois d’août pour suffire à la demande, il n’est pas toujours évident de concilier travail et vie personnelle. À preuve, Hugo m’a demandé de repousser mon appel pour terminer un travail en cours, a reçu trois appels durant notre entretien téléphonique et a dû mettre un terme à notre conversation pour se rendre à un rendez-vous. Mais il n’en demeure pas moins que la passion de cet artisan québécois est contagieuse et nous incite à porter une réflexion sur nos habitudes de consommation, encore plus à l’approche de Noël.

Crédit photo à la une : Hugo Didier

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À travers tous ses projets, Geneviève prend le temps de parcourir les routes du Québec pour dénicher les entreprises qui s’y cachent. Adepte d’agrotourisme et de découvertes culinaires, elle est une cliente assidue des différents marchés publics. L’achat local représente, pour Geneviève, une occasion de déployer l’entrepreneuriat québécois et de faire des découvertes passionnantes.
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Signé LocalLancée en décembre 2015, la plateforme SignéLocal.com est la vitrine du Fait au Québec. Le site Web, dont le but premier est de faire rayonner les entreprises ayant des produits de qualité et comme valeur la fabrication locale, regroupe déjà plus de 230 entreprises membres, partout en province.
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