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Se « pratiquer » à être créatif

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La créativité a définitivement la cote ces temps-ci. Elle est de toutes les offres d’emploi, décore tous les appels de projets et figure au programme de toute entreprise qui se respecte, tout près de ses cousines « innovation » et « productivité ».

Au Braincamp, on en fait une obsession. On la définit, on jongle avec, on l’observe sous tous ses angles. On la dissèque avec des intervenants inspirants, des cerveaux inventifs qui ont eu de bonnes idées et qui ont su comment les déployer. Pour notre 5e retraite créative, une ligne directrice s’est invitée tout naturellement dans le contenu de la programmation : la créativité a besoin de temps et d’espace. Ce n’est pas un cadeau du ciel que certains ont à la naissance, et ça ne s’achète pas.

le braincamp

La créativité, ça se prépare, et ça se pratique.

Préparer le terrain

Prendre le temps

D’accord, on a souvent l’impression que c’est un luxe qu’on ne peut pas se permettre, mais le temps, c’est relatif. On a tous déjà accompli en une heure ce qu’on avait essayé de faire toute la journée la veille, juste parce que notre cerveau était plus disposé. Ce pauvre organe, on l’engorge constamment, volontairement ou pas, jusqu’à voir la fumée sortir de nos oreilles. Prendre le temps de l’oxygéner et de le reposer, loin de la to-do list, c’est un peu comme brancher son téléphone la nuit : essentiel si on veut compter dessus le lendemain. Faites de la place dans votre horaire pour du rien, et pour autre chose que la productivité !

sarah

Avec son atelier BOOOOORING, Sarah Di Domenico, du studio Barkas, explorera l’importance de l’ennui et du loisir inutile comme déclencheurs de la créativité. Il suffit de regarder des enfants jouer loin de leurs jouets pour constater que c’est effectivement dans une situation d’ennui que notre imaginaire nous réserve les plus belles surprises. Accorder à notre cerveau le droit de trouver le temps long et de divaguer dans le néant, c’est laisser toute la place aux nouvelles idées.

Se donner de l’espace

Gageons que votre dernière fulgurance de créativité n’a pas eu lieu dans la salle de réunion A ou B que vous voyez tous les jours au bureau. Les bonnes idées nous frappent souvent dans le métro, au deuxième kilomètre de notre course, devant une œuvre d’art ou en pleine ascension d’une montagne. Les architectes en savent quelque chose, l’environnement joue un rôle crucial dans notre état d’esprit, et ne demande qu’à contribuer à notre brainstorm. Si on n’a pas la chance de se retirer en nature, on peut quand même choisir un café qui nous inspire, un parc ou une salle Breather qui fait changement des murs du bureau. Se doter d’un espace inspirant est un véritable amplificateur dans un processus créatif. Osez sortir des quatre murs que vous connaissez trop bien !

 Décrocher

Hugues

Faire le vide. Ces trois petits mots nous narguent. Ils semblent si simples et s’avèrent souvent relever de l’exploit. Si vous n’avez pas encore trouvé ce qui vous fait décrocher, il est temps d’essayer-des-nouvelles-choses-o’clock. Pour certains, c’est l’escalade, la course, la peinture, le tricot, Netflix… Pour nous, au Braincamp, on compte sur les feux de camp, le yoga et sur des activités en plein air, comme l’atelier extérieur qu’animera Hugues Fournel, athlète olympique en kayak, à notre Braincamp d’avril. L’important, c’est de changer de mode, de trouver une activité qui nous fait oublier les pensées obsédantes de notre quotidien pendant un moment. Une fois qu’on met le doigt dessus, il faut l’intégrer le plus souvent possible dans sa routine, et c’est souvent à cette étape-là qu’on se trouve des excuses, par paresse ou par peur que ce changement de focus temporaire nous dévie à jamais de ce qu’on a à faire. Quand on s’y adonne enfin, nos batteries se rechargent comme par magie, les idées déboulent et on se demande pourquoi on ne le fait pas plus souvent.

La pratique

Une fois que le cerveau est reposé et oxygéné, et que l’environnement est stimulant, plusieurs exercices clés peuvent aider à provoquer la créativité. Il en existe évidemment autant qu’il existe de têtes, et certains concepts s’appliquent plus ou moins aux différentes situations qui nécessitent qu’on soit créatif, mais en voici trois qui nous semblent fondamentaux dans une réflexion innovante.

  1. Observer et identifier des problèmes

J’ai travaillé plusieurs années à la logistique d’un gros événement de musique. Chaque année, on devait identifier près de 150 walkies-talkies. Chaque début de saison venait avec la lourde tâche de coller des étiquettes sur tous les appareils, ce qui prenait une grosse journée à l’équipe et des quantités irraisonnables de ruban adhésif. On devait en rafistoler plus d’un pendant l’événement, et le retrait de chacune de ces petites étiquettes, à la fin de la saison, était encore plus long, le ruban adhésif s’effritait en harmonie avec notre patience. Pris dans nos paradigmes, nous avons mis trois années d’irritation avant de faire une « écœurantite aiguë » et de réaliser que mille et une autres solutions s’offraient à nous. C’était le début de l’ère de l’astucieux porte-clés identificateur, solution durable et plus robuste, qui changea à jamais le visage du département (j’exagère à peine).

Tout ça pour dire que plusieurs grandes idées se présentent sous la forme de nouvelles solutions à des problèmes qu’on laissait nous faire la vie dure. Que ce soit pour innover dans une industrie, pour améliorer une méthode de travail ou simplement pour aménager son nouvel appartement, l’étape de l’observation des problèmes est déterminante dans la démarche créative. Pour chaque problème identifié, faites l’exercice de trouver cinq pistes de solutions différentes, juste pour voir où ça vous mènera.

  1. S’inspirer de ce qui nous motive

Jean-Daniel Petit

« Don’t pivot on the purpose of your life. » Phrase percutante d’Adeo Ressi, CEO et cofondateur du Founder Institute, qui résonnait dans l’amphithéâtre extérieur du Startup Fest en 2015. Son message était clair : une fois qu’on a compris ce qui nous motive à avancer, on s’y accroche et on n’en démord pas. Toujours est-il qu’il faut comprendre ce que l’on veut pour s’y agripper avec une telle conviction. Bel exemple près de nous : Jean-Daniel Petit, cofondateur de Beside et d’Abitibi & co, utilise ses entreprises comme véritables forces de changements. Il voit le plein air comme quelque chose de beaucoup plus vaste qu’un ensemble d’activités qui se passent dehors, comme une philosophie où l’humain reconnecte avec la nature et y trouve son équilibre. Surtout, il le voit comme accessible à tous, en milieu urbain comme rural, partout dans le monde. Cette conviction est la base de tous ses plans d’action.

Identifier clairement sa mission (pas nécessairement dans un plan d’affaires), ça nous assure de puiser dans le terreau le plus fertile de notre cerveau, dans ce qui nous interpelle, nous motive et nous inspire.

  1. Raconter une histoire

Classique indémodable, raconter une histoire est toujours un excellent point de départ à la créativité. Nul besoin d’être dans l’histoire littéraire avec une mise en situation et un élément déclencheur annoncé par « quand, tout à coup », il y a plein de façons de raconter. Un plan de communications a ses phases tranquilles et ses points de tension, de même que le plan d’affaires ou la stratégie de financement d’un projet. Dans une autre vie où je faisais beaucoup de danse (jadis !), c’est aussi un conseil qui m’a permis de comprendre comment improviser des mouvements et que ça donne quelque chose de cohérent. Ça s’applique à tout.

sarah meublat

Chez Moment Factory, l’art de raconter une histoire est une marque de commerce. Avec Sarah Meublat, rédactrice de concept dans cette boîte innovante, on s’amusera à décortiquer le storytelling au prochain Braincamp lors d’un atelier qui s’annonce divertissant. Elle explorera avec nous le pouvoir émotif des mots et les fondements d’une bonne histoire. Il était une fois un atelier à ne pas manquer !

Bref, pour stimuler la créativité, il faut avoir le sens du rituel, créer un contexte favorable aux idées et les provoquer. Quand on déploie les bons moyens, la créativité est à la portée de tous !


Marie-Pier Tessier De L’Étoile

Collaboratrice stratégie et opérations pour Le Braincamp / Cofondatrice de la compagnie (en)effet

Pour plus de détails sur leur prochain événement qui aura lieu du 21 au 23 avril 2017, par ici.

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Marie-Pier évolue dans le milieu de l'événementiel et de l'entrepreneuriat depuis plusieurs années. Co-fondatrice de la compagnie (en)effet, elle aime se retrouver dans le feu de l'action de plusieurs projets à la fois. Grande fan de l'équilibre, elle trouve le sien en occupant ses temps libres d'art sous toutes ses formes et de plein air.
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BraincampFondé en 2015, Braincamp est une compagnie qui développe des expériences immersives basées sur la créativité, l’apprentissage et la connexion.
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