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« J’ai une idée géniale, mais je ne veux pas en parler pour ne pas me la faire voler ! »

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Si je ne l’entends pas au moins une fois par jour, celle-là, je ne m’appelle pas Ian-Patrick ! Chaque fois, je prends une demi-heure pour expliquer pourquoi l’idée ne vaut rien et pourquoi la personne devrait plutôt se concentrer sur l’exécution.

Tout le concept tient dans une image :

Article no 17 - Lime Blogue - Votre idée géniale ne vaux rien... ou presque - mvp-equation-fr.jpg

Voyons ça un peu plus en détail :

1re étape : Déterminez la « génialité » de votre idée

Niveau de l’idéeIndiceExplication
Mauvaise-1Personne ne vous encourage, même pas pour être gentil. L’idée n’est pas en marché parce que le marché n’est pas intéressé.
Faible1Votre mère vous dit que votre idée est bonne pour vous faire plaisir. Plusieurs entreprises ferment leurs portes ou abandonnent le segment de marché où se trouve votre idée.
Ordinaire5L’offre est abondante, les gens vous parlent de la concurrence forte et vous répondez que vous vous démarquerez par la qualité de votre produit ou de votre service.
Bonne10La concurrence est présente, plusieurs personnes sont prêtes à vous prêter de l’argent pour vous lancer.
Très bonne15Plusieurs personnes insistent pour vous prêter de l’argent pour vous lancer, quelques entreprises viennent de se lancer.
Brillante20Personne ne comprend de quoi vous parlez et ce n’est pas parce que vous parlez chinois ! Vous êtes probablement un peu en avant du marché.

Reconnaissons que les idées brillantes ne naissent que très rarement (une fois par année ?), qu’une idée ne naît jamais à un seul endroit et que pendant que vous y pensez, plusieurs personnes et entreprises ont probablement déjà commencé à tester un concept identique sinon très similaire au vôtre. Comprenez également que ce n’est pas parce que personne autour de vous n’a entendu parler de concurrence ou que votre recherche Internet ne retourne pas de résultats concrets que vous avez mis le doigt sur l’IDÉE géniale…

Quoi qu’il en soit, vous devriez accepter humblement que votre idée ne soit probablement pas brillante, mais peut-être tout simplement bonne (ce qui n’est déjà pas si mal en soi). De toute façon, presque n’importe quelle idée est suffisamment bonne pour développer vos compétences entrepreneuriales et faire un peu d’argent (ou limiter les pertes) pendant votre apprentissage.

2e étape : Établissez votre niveau entrepreneurial

Encore une fois, de nos jours, tout le monde se croit entrepreneur. Ils ont raison. Seulement, être entrepreneur ne signifie pas qu’on va réussir, mais simplement qu’on est prêt à quitter le confort du salariat et à risquer quelque chose. Voici un petit tableau pour vous aider à vous classer dans une catégorie.

Niveau d’entrepreneurValeur
Wantrepreneur (Le rêveur)1 $N’a jamais démarré une entreprise, parle beaucoup, mais n’agit pas = pas d’exécution.
Débutant1000 $1re expérience en entrepreneuriat comme travailleur autonome = exécution faible.
Intermédiaire10 k$1re ou 2: un échec ou une réussite à son actif = exécution moyenne.
Avancé100 k$2e ou 3e entreprise : un échec et/ou une réussite à son actif. Présence d’une équipe complémentaire = bonne exécution.
Expérimenté1 M$2e ou 3e entreprise, dont au moins une à succès ; on suppose une capacité d’exécution = très bonne.
Expert10 M$= Exécution brillante.

La majorité des gens que je croise sont dans les trois premiers niveaux. Mettez-leur une idée brillante dans les mains et ils ne sauront pas quoi faire avec et c’est normal : demandez-moi de réparer une Porsche ou une Lada et je serai incapable de le faire pour l’une comme pour l’autre. Toutefois, « scrapper » une Lada coûte beaucoup moins cher que « scrapper » une Porsche !

Ce que ça signifie concrètement

Maintenant que vous avez évalué votre idée et votre capacité entrepreneuriale, voyons quatre cas de figure où vous vous reconnaîtrez probablement.

Scénario 1 : Une idée ordinaire et une faible capacité d’exécution

C’est le cas typique du nouvel entrepreneur qui se lance dans un domaine qu’il connaît peu. Son idée existe déjà et il surévalue à la fois la valeur de son concept et ses capacités. Il lui manque plusieurs des compétences clés propres à un entrepreneur (ventes, gestion ou technique).

Échec du projet quasi assuré.

Solutions proposées : Garder son emploi ou en trouver un, participer aux activités entrepreneuriales de sa région, avoir un projet d’affaires simple pour prendre de l’expérience, se trouver un mentor.

Scénario 2 : Une idée ordinaire et une bonne capacité d’exécution

C’est le cas typique de l’entrepreneur ayant complété un cycle entrepreneurial ou provenant d’une famille d’entrepreneurs.

Son idée existe déjà et il en est conscient, mais son expérience lui permettra de générer un peu de profit. Il lui manque probablement une des compétences clés propres à un entrepreneur (ventes, gestion ou technique).

Il s’agit d’un projet de 10 000 $ à 100 000 $ qui aura de bonnes chances de réussir.

Solutions proposées : Participer aux activités entrepreneuriales de sa région, utiliser les services du CLD de sa région, viser à générer un profit, même minime. Avoir un projet d’affaires simple pour prendre de l’expérience, se trouver un mentor.

Scénario 3 : Une idée ordinaire et une très bonne capacité d’exécution

C’est le cas typique de l’entrepreneur ayant complété plusieurs cycles entrepreneuriaux. On pourrait donner l’exemple d’Alexandre Taillefer.

L’idée de payer les chauffeurs de taxi annuellement au lieu de les payer à la course n’a rien de révolutionnaire. Pas plus que celle d’utiliser des voitures électriques ou une plateforme informatique pour gérer les commandes. Mais ces trois idées fort simples, lorsque très bien exécutées, peuvent changer la donne dans un secteur (on utilise également le verbe « disrupter »).

Solution proposée : Aucune, ces gens-là ne liront pas mon article de toute façon et s’ils me lisent, c’est qu’ils ne sont pas dans cette catégorie ! 😉

Scénario 4 : Une très bonne idée et une très bonne capacité d’exécution

On parle ici des Steve Jobs, des Mark Zuckerberg et des Elon Musk de ce monde.

Ces entrepreneurs ont fait leurs classes, ont appris à développer leur flair pour détecter les meilleures idées et à pivoter rapidement lorsque le concept original ne donnait pas les résultats escomptés. Ils sont experts au niveau de l’exécution et savent s’entourer de personnes très compétentes. Toutefois, n’oubliez pas qu’ils ont connu des échecs et qu’ils ont commencé avec des projets simples qui leur ont permis de développer leurs compétences entrepreneuriales… Tout comme vous !

Solution proposée : Aucune, voir la solution du scénario 3 !

À noter qu’il ne s’agit pas d’une règle absolue et que chaque cas est unique, mais il faut bien comprendre que le succès en affaires dépend bien moins de l’idée que de son exécution.

Comme entrepreneurs, vous devriez viser à développer une idée ordinaire pour apprendre à développer vos compétences entrepreneuriales. Chaque projet vous rapprochera de cet objectif et c’est pour ça que, en fin de compte, ce qui importe n’est pas tant la destination que le voyage que vous ferez. 😉


Source de l’image : Kevin Bresson

Référence : Derek Sivers

Si vous êtes un entrepreneur débutant, intermédiaire ou avancé, nous souhaitons vous rencontrer. Le Garage & co a comme mission de favoriser le développement de la culture entrepreneuriale montérégienne en proposant des projets innovants permettant de faire éclore les entrepreneurs de demain.

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Ingénieur industriel spécialisé en optimisation des processus d’affaires, il se passionne pour l’entrepreneuriat sous toutes ses formes. Il met en place des structures pour aider toutes les personnes qui aimeraient se lancer en affaires en mettant sur pieds des activités de formation entrepreneuriale, en opérant un lieu de travail collaboratif (coworking) et en assurant la direction générale du premier incubateur d’entreprises dédié aux entrepreneurs innovants de l’agglomération de Longueuil.
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Le Garage & CoC’est alors qu’il se sentait seul dans son garage à créer son entreprise que Ian-Patrick Thibault, l’initiateur du projet Le Garage & co, a commencé à imaginer un endroit rassembleur, où les porteurs de projets innovants pourraient se retrouver et créer leur entreprise dans des conditions optimales, en bénéficiant des outils et du savoir-faire des meilleurs mécaniciens.
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